Centraide Québec et Chaudière-Appalaches est fier d’être porteur de l’article 27 de la Convention relative aux droits de l’enfance des Nations unies, soit «le droit de tout enfant à un niveau de vie suffisant pour permettre son développement physique, mental, spirituel, moral et social.» À l’occasion du Mois des droits de l’enfant, bref aperçu des divers enjeux qui y sont reliés.  

Bien que les années 2000 aient amené avec elles des avancées importantes pour les conditions de vie et le bien-être des enfants au Québec — on n’a qu’à penser à l’essor du réseau des services de garde, des mesures de conciliation travail-famille ou des allocations familiales —, tous les enfants sont loin d’être égaux encore aujourd’hui, et les inégalités sociales tendent à se creuser.

« De 0 à 5 ans, les enfants sont de réels livres ouverts. Si on fait bien les choses à la petite enfance, toute la vie des enfants ne sera que meilleure », explique Audrey Santerre-Crête, directrice de la Joujouthèque Basse-Ville.

Certaines conditions affectent directement les possibilités de développement des enfants, des conditions qui laisseront des traces toute leur vie.

Le revenu du ménage

Les études le montrent : les barrières d’accès sont plus nombreuses pour les enfants vivant en milieu défavorisé. Ainsi, à leur entrée à la maternelle, les enfants ne possèdent pas tous les mêmes acquis. 

En effet, 41 % des enfants de 5 ans en situation de pauvreté sont vulnérables dans un domaine de développement, comparativement à 23 % de ceux qui ne vivent pas dans un ménage à faible revenu.  

« Respecter les droits des enfants, c’est leur accorder à tous un accès à la culture, aux activités sportives, à des vêtements adaptés au climat d’ici », relève Mme Santerre-Crête. Des possibilités qui ne sont pas toujours offertes aux familles.

Le logement

Pour la majorité des familles, le logement représente la plus importante dépense de leur budget. Au Québec, 13,6 % des familles avec des enfants de moins cinq ans vivent dans un logement qui n’est pas abordable. Des coûts de loyer trop cher génèrent un stress majeur chez les parents et peuvent mener à l’insécurité alimentaire.  

La stabilité de logement est aussi cruciale lors de la petite enfance. Les déménagements fréquents limitent l’enfant dans la possibilité de nouer ses premières amitiés et d’établir des repères de sécurité. Le stress relié au déménagement chez les parents a aussi des impacts indirects sur l’enfant.  

En 2017, 44 % des enfants à la maternelle avaient déménagé au moins une fois, dont 7 % d’entre eux avaient déménagé trois fois ou plus. Le taux d’enfants de 5 ans qui présentent des vulnérabilités est de 24 % chez les enfants n’ayant connu aucun déménagement. Il atteint 42 % chez les enfants qui ont connu trois déménagements ou plus.

L’alimentation

En mars 2021, Moisson Québec et Moisson Beauce, deux organismes associés à Centraide, révélaient que plus de 30 % des utilisateurs et utilisatrices des services d’aide alimentaire étaient des personnes de moins de 18 ans.  

« Que des enfants aient faim en 2021, ça n’a pas d’allure! » s’exprime Audrey Santerre-Crête.  

L’insécurité alimentaire entraîne notamment des problèmes d’inattention et des symptômes d’hyperactivité chez les enfants d’âge scolaire.

La pandémie

Les impacts de la crise sanitaire de COVID-19 se feront sentir pendant de nombreuses années encore sur les enfants des milieux défavorisés. L’enseignement à distance a confirmé la fracture numérique. Les familles vivant en milieux défavorisés ont été plus nombreuses à perdre des revenus et les enfants ont vécu par ricochet une montée des tensions intrafamiliales.


Centraide porte le droit à un niveau de vie décent pour tous les enfants, notamment grâce aux actions des organismes associés. Par exemple, le Berceau appuie les parents dans le développement de leurs habiletés parentales. La Joujouthèque Basse-Ville offre un milieu de vie où l’épanouissement familial prime. Collation Santé Portneuf permet aux enfants de la région d’avoir une collation nutritive tout au long de l’année.  

« Respecter les droits des enfants, c’est aussi comprendre qu’ils ont droit à un avenir, dans un environnement qui a de l’allure », rappelle Audrey Santerre-Crête, près d’une semaine après la clôture de la COP26, à Glasgow.  

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