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Près d’un Québécois.e sur deux éprouve une anxiété financière importante, selon une étude de Centraide et Léger

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Mardi 9 juin 2026

Les Québécois·es continuent de ressentir une forte pression liée à leur situation financière, selon les résultats de la 6e mesure de l’indice d’anxiété financière de Centraide, réalisée en collaboration avec Léger. Près de 9 Québécois sur 10 (86 %) en font état, tandis que près d’une personne sur deux (48 %) présente une anxiété financière importante (de niveaux modéré à extrême). Depuis 2022, l’indice a grimpé de 38,8 à 40,4, avec une nouvelle hausse au cours de la dernière année.

Certaines données témoignent d’une dégradation récente. Ainsi, une personne sur quatre (25 %) affirme que sa situation financière s’est détériorée au cours des six derniers mois. Par ailleurs, 45 % indiquent disposer de moins d’un mois de réserve en cas de perte de revenu ou de dépense imprévue de 500 $ à 1 000 $.

Par ailleurs, 60 % des Québécois se disent inquiets des perspectives économiques de la province. Cette inquiétude contribue à alimenter le sentiment d’insécurité financière.

« Ces données confirment ce que notre réseau d’organismes communautaires constate chaque jour : l’anxiété financière est bien réelle. Elle a des répercussions concrètes sur la vie familiale, la santé mentale et la capacité de se projeter dans l’avenir », mentionne Tasha Lackman, présidente et directrice générale de Centraide du Grand Montréal.

« Vivre avec peu de moyens, c’est faire des choix difficiles, comme payer son loyer au détriment de l’épicerie. C’est aussi craindre la moindre dépense imprévue. Parmi les plus touchés, on retrouve des personnes qui travaillent sans arriver à joindre les deux bouts, des familles qui ne peuvent subvenir aux besoins de leurs enfants et des jeunes adultes qui amorcent leur vie avec une charge financière très lourde. »

Tasha Lackman PDG Centraide du Grand Montréal

Signes inquiétants d’insécurité alimentaire

Selon le sondage, l’insécurité alimentaire rapportée est en forte progression depuis 2025. Elle toucherait 30 % des Québécois, comparativement à 22 % l’an dernier. L’alimentation s’impose comme la principale source de préoccupation pour plus de la moitié des répondants (54 %, en hausse), suivie du logement (46 %) et des dépenses liées aux enfants (44 %).

« On observe une tendance à la hausse de l’anxiété depuis 2022 et une présence plus répandue de la pression financière au sein de la population », mentionne Sébastien Dallaire, vice-président exécutif, Est du Canada chez Léger. « Par exemple, tous les indicateurs en insécurité alimentaire ont augmenté : ne pas pouvoir se permettre des repas équilibrés, craindre de manquer de nourriture, manger moins faute d’argent ou ne plus avoir de nourriture à la maison. C’est très préoccupant. »

Certains groupes particulièrement touchés

L’étude révèle que les parents sont parmi les plus anxieux financièrement : 3 sur 5 (60 %) sont touchés par une anxiété financière importante (niveaux modéré à extrême). Les familles monoparentales seraient plus susceptibles de devoir fréquemment reporter des décisions ou des projets en raison de leur situation financière, qu’il s’agisse d’épargne, de vacances et de loisirs, ou encore de soins médicaux, dentaires et en santé mentale.

Des disparités ressortent également selon le niveau de littéracie financière et la situation résidentielle. Les personnes ayant une faible littératie financière sont deux fois plus nombreuses à ressentir une anxiété financière importante (62 %, contre 33 %).

Parmi les groupes les plus inquiets figurent également les locataires, puisque 27 % d’entre eux craignent de façon significative une éviction.

L’anxiété financière peut aussi nuire à la santé mentale et à la qualité de vie. Les jeunes adultes de 18 à 34 ans en ressentent davantage les effets, ce qui se traduit par des difficultés de concentration au travail ou à l’école en raison de leur situation financière (49 %), des troubles du sommeil (40 %) et des conflits familiaux ou des tensions au sein du foyer (36 %).

Depuis 2022, Centraide du Grand Montréal sonde les Québécois afin de suivre l’évolution de leurs préoccupations financières. L’indice d’anxiété financière se compose de trois variables : la situation financière et familiale, le niveau de connaissances financières, ainsi que les préoccupations envers divers aspects financiers.

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