Quand marcher est une question de survie
Mardi 13 mai 2025
Un kilomètre à pied, ça use, ça use.
Un kilomètre à pied, ça use les souliers.
Chantée par des enfants en camp de jour, cette comptine fait sourire. Dans la rue, elle résonne autrement.
Parce que pour les personnes en situation d’itinérance, marcher n’a rien d’un jeu. Ce n’est ni une balade ni une façon de profiter du grand air. C’est un impératif de survie.
Marcher, c’est se déplacer d’une ressource à une autre pour manger, dormir, se laver. C’est fuir le danger, chercher le calme, éviter de déranger.
Marcher, en sachant pertinemment qu’il faudra recommencer le lendemain, sous la pluie, dans la neige ou en pleine canicule. Avec des chaussures usées, mal ajustées, et sans assez de chaussettes sèches de rechange.
Ces hommes et ces femmes parcourent à pied entre 10 et 15 km quotidiennement. Chaque semaine, c’est donc l’équivalent d’un trajet Québec — Saint-Georges, en Beauce, qu’ils et elles parcourent. Le feriez-vous, tous les jours? Pas pour relever un défi personnel, mais parce que vous n’avez pas le choix?
Pour leur offrir ce dont elles ont besoin pour continuer d’avancer avec dignité, Centraide Québec et Chaudière-Appalaches tient, jusqu’au 31 mai, la campagne spéciale « L’itinérance, ça use… les souliers ».
Notre objectif : remettre 500 ensembles de marche — comprenant 3 paires de chaussettes, une paire de sandales et une paire de souliers — à des personnes en situation d’itinérance via 7 organismes des villes de Québec et Lévis.
L’angle mort de l’itinérance
« Quand tu as mal aux pieds, ça se répercute sur tout ton corps », explique Jocelyn Niquette, pair aidant à l’Archipel d’Entraide.
Pourtant, la santé des pieds est souvent reléguée au bas de la liste des priorités, aggravant des lésions qui semblaient bénignes : une simple ampoule devient une plaie ouverte, puis s’infecte, nécrose et mène jusqu’à l’amputation, dans le pire des cas.
Parce que leurs pieds sont enflés, crevassés, atteints de champignons ou émettent des odeurs qui rebutent, les personnes en situation d’itinérance évitent de consulter. Elles attendent et souffrent en silence. Ou cherchent de l’aide et sont victimes de jugement. Chaque porte fermée creuse un peu plus le sentiment d’exclusion.
Aux blessures causées par la distance et les mauvaises chaussures s’ajoute le diabète, dont près de 1 personne en situation d’itinérance sur 2 souffre. Et un diabète mal contrôlé peut affecter la circulation sanguine et augmenter le risque d’ulcération et d’amputation. Entre 15 % et 25 % des diabétiques auront un ulcère au pied, selon l’Association canadienne du soin des plaies 1.
Quand les pieds font mal, c’est tout le quotidien qui devient plus difficile. Dans un corps déjà fragilisé par la fatigue, le froid, la faim, les douleurs chroniques, la consommation ou la détresse psychologique, les maux de pieds deviennent un nouvel obstacle à franchir pour accéder à un refuge, une soupe populaire, une clinique médicale.
Une paire de chaussures à la bonne pointure et à la semelle solide, des chaussettes propres et des sandales pour se doucher sans danger, ce n’est pas du luxe. C’est une question de santé de base.
D’ici le 31 mai 2025, aidez-nous à atteindre notre objectif. Chaque don compte.
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