Québec, le 30 novembre 2011 – Au terme de plusieurs mois de travaux et d’une tournée de consultations réalisées auprès de différents milieux, Centraide Québec et Chaudière-Appalaches lance aujourd’hui son 4e rapport social intitulé Un préjugé, c’est coller une étiquette. La lutte contre la pauvreté s’arrête là où commencent nos préjugés. Il prend ainsi position à l’égard d’une problématique dont l’impact est insoupçonné et sape insidieusement les efforts collectifs déployés pour combattre la pauvreté. Haut et fort, il interpelle le plus grand nombre d’acteurs à agir… parce que la lutte contre les préjugés est l’affaire de toute la société.

Rappelons qu’en 2002, le Québec s’est doté d’une Loi visant à lutter contre la pauvreté et l’exclusion sociale dont le premier but est de promouvoir le respect et la protection de la dignité des personnes en situation de pauvreté et de lutter contre les préjugés à leur égard. La lutte contre les préjugés n’ayant donné lieu à ce jour qu’à de rares initiatives, au demeurant discrètes, Centraide saisit la présente occasion pour attirer l’attention sur ce qu’il considère comme un accroc important au tissu social et un frein majeur aux actions de lutte contre la pauvreté.

C’est à une réflexion exigeante, déroutante parfois, mais nécessaire que Centraide convie tout un chacun. Quels rapports entretenons-nous réellement avec la pauvreté et les gens qui la vivent au quotidien? Individuellement et collectivement, nos préjugés nous empêchent-ils de nous engager sans compromis dans la lutte contre la pauvreté et de lui donner toute la portée et la priorité qu’elle exige? On ne saurait trop insister sur le fait que la pauvreté et ses nombreuses conséquences entraînent des coûts faramineux pour la société, soit au moins le double de ce qu’il faudrait investir pour l’éliminer, comme le faisait valoir le plus récent rapport du Conseil national du bien-être social. « À Centraide, nous sommes convaincus que non seulement les préjugés infligent des dommages importants aux personnes qui en sont la cible, mais qu’ils amoindrissent également la volonté de s’attaquer aux racines du problème. Plus que jamais, il convient de réfléchir à ce qui préside à nos choix », a affirmé M. Pierre Métivier, président-directeur général de Centraide Québec et Chaudière-Appalaches.

« Plusieurs idées reçues ont la vie dure lorsque vient le temps de parler de pauvreté: les pauvres peuvent être dangereux; au Québec, les pauvres ont une vie confortable; les pauvres ne veulent pas travailler. Et la liste pourrait s’allonger ainsi de façon déconcertante! À juste titre, devant le nombre et l’intensité de ces propos qui perdurent, plusieurs seraient tentés de s’interroger sur la pertinence de mener des actions de lutte contre les préjugés… mais suivant un sondage que Léger Marketing réalisait récemment pour Centraide, 7 personnes sur 10 y croient comme nous! », d’ajouter M. Marc De Koninck, organisateur communautaire du CSSS de la Vieille-Capitale et président du comité de développement social de Centraide.

Et Centraide Québec et Chaudière-Appalaches entend bien poser de nombreux gestes dont le premier se traduit par le lancement de ce 4e document de réflexion préparé par son comité de développement social. Il veut également concevoir des outils de sensibilisation et initier des forums ou des tribunes d’animation au sein de différentes sphères (partis politiques, domaine de l’enseignement, milieu de la santé, municipalités, organismes communautaires, centrales syndicales, secteur des affaires, etc.). Il entend aussi rédiger une charte du droit à la dignité pour tous en vertu de laquelle les personnes et les organisations s’engageraient à agir pour contrer les préjugés et à donner ainsi à la lutte contre la pauvreté une portée et une priorité véritables. À ce titre d’ailleurs, il développera une campagne de marketing viral. À ne pas manquer et, surtout, à « attraper »!

Tout comme combattre la pauvreté, lutter contre les préjugés n’est pas que l’affaire de Centraide. Voilà pourquoi il ose demander, voire exiger, la solidarité du plus grand nombre d’acteurs, le gouvernement du Québec au premier chef. « Oui, nous interpellons aujourd’hui et avec force. Qu’il s’agisse de campagnes de sensibilisation destinées aux masses ou d’initiatives menées auprès de petits groupes, aucune stratégie n’apparaît superflue ou trop modeste. En tant qu’organisations, nous pouvons tous reprendre le message et l’adapter à notre réalité et à nos moyens. En tant que citoyens, nous sommes les premiers à pouvoir agir en acceptant de remettre en question nos croyances et nos certitudes », de conclure M. Métivier.

Mentionnons par ailleurs que M. De Koninck sera le conférencier du second Dîner-conférence Centraide de la saison 2011-2012, lequel prendra place ce midi. Devant les 250 personnes attendues pour l’événement, il livrera les grandes lignes de ce 4e rapport social et invitera l’auditoire à répondre en direct à certaines questions sur les personnes en situation de pauvreté et les préjugés véhiculés à leur égard. Les participants seront également conviés à soumettre leurs suggestions sur les moyens de lutter contre les préjugés ou sur ceux qu’ils s’engagent à mettre eux-mêmes en oeuvre.

Précisons finalement que les personnes intéressées à obtenir le document de réflexion peuvent le télécharger gratuitement en cliquant ici, ou demander un exemplaire au 418 660-2100.