Un psychiatre engagé pour la cause de Centraide

Evens Villeneuve fait partie de nos donateurs majeurs depuis trois ans. Le psychiatre de l’Institut universitaire en santé mentale de Québec (IUSMQ) est bien au fait de l’importance du réseau des organismes communautaires que soutient Centraide. Chaque jour, il travaille de concert avec les intervenants de ces ressources pour aider ses patients à retrouver leur dignité. Portrait d’un philanthrope qui met tout en oeuvre pour convaincre ses pairs du réseau de la santé du bien fondé de collaborer au maintien de notre filet social.

Le psychiatre, qui est aussi enseignant agrégé au Département de psychiatrie et de neurosciences de la Faculté de médecine de l’Université Laval, a une bonne connaissance du milieu communautaire dans la région de Québec. De 1995 et 2010, il a formé les différents acteurs du réseau afin qu’ils sachent comment intervenir avec les personnes qui ont des troubles de santé mentale.

« À l’époque, les intervenants n’étaient pas très outillés pour s’occuper des personnes qui avaient des troubles de la personnalité. J’ai donc mis sur pied une formation dans les CLSC et les organismes communautaires. On a tenu le phare pendant quinze ans. »

Des approches complémentaires

PECH, La Boussole, Demi-Lune, le Centre femmes aux 3 A de Québec, GAPI ou le centre pour hommes AutonHommie, tous ces organismes soutenus par Centraide ont eu l’aide du Dr Villeneuve pour approfondir leurs connaissances en et leurs plans d’interventions auprès des personnes en crise et présentant un trouble sévère de personnalité.

« Ces organismes communautaires sont essentiels puisqu’ils répondent à des besoins importants, on a tous notre rôle à jouer, que ce soit pour l’hébergement, l’aide alimentaire, l’aide à l’emploi, l’encadrement, les traitements ou la psychothérapie. Ce sont nos partenaires et Centraide les soutient, faisant en sorte que nous ayons un filet social de base dont on a besoin absolument. »

Dans sa pratique courante à l’Institut universitaire en santé mentale de Québec, il est à même de constater l’importance de ce réseau. « Il faut être en contact avec cette clientèle souffrante et démunie pour comprendre l’importance du travail en partenariat. Les intervenants du communautaire, on ne s’en passerait jamais, on s’aide mutuellement. Les personnes qui ont des problèmes de santé mentale ont besoin d’une équipe, d’un réseau d’intervenants. On a besoin de tout ce monde pour les aider. »

Un pionnier à Québec

Le psychiatre ne s’est pas contenté de former les intervenants du communautaire, il a aussi fondé une clinique pour les patients aux prises avec des troubles de la personnalité. Ces personnes ont des difficultés sur le plan personnel, social et professionnel.

Il y a 25 ans, il a donc mis sur pied le Centre de traitement Le Faubourg Saint-Jean. « Lorsque nous avons fondé le Centre il y a 25 ans, il n’y avait rien dans la région de Québec pour ces personnes. Aujourd’hui, ce centre est devenu une référence avec une vingtaine de professionnels qui y travaillent, bien arrimé aux organismes communautaires, aux services de première ligne et des psychothérapeutes du privé. »

Donner à Centraide

En plus de son travail quotidien avec des organismes soutenus par Centraide, Evens Villeneuve a été sensibilisé à la cause de l’organisation philanthropique par le biais de sa conjointe, Louise Vallières. Travailleuse sociale de formation et impliquée dans le milieu communautaire depuis toujours, elle a siégé pendant plusieurs années sur le conseil d’administration de Centraide Québec et Chaudière-Appalaches.

Au fil des ans, il a été invité à prendre part aux activités de sensibilisation de Centraide, comme les tournées communautaires en autobus. En se promenant dans les quartiers défavorisés, il a pu constater davantage le travail majeur des différents organismes soutenus par Centraide. L’expérience a été marquante pour lui.

« Ça nous montre la dimension de nos privilèges, on voit l’écart entre notre vie et la vie de ceux qui ont moins de chance. Nous sommes choyés comme médecin, nous avons un emploi plein de sens et bien rémunéré. C’est important de partager avec les autres. Si tous mes collègues avaient fait la tournée communautaire de Centraide, ils comprendraient mieux sa mission. Quand on voit tout ce que fait Centraide pour maintenir notre filet social, on comprend son importance. On y gagne tous à participer à combattre les inégalités. »

Motiver les troupes

Devant l’ampleur des besoins, Evens Villeneuve a eu envie de passer de la parole aux actes. Il y a trois ans, il est entré dans le Comité des dons majeurs de Centraide. Son rôle, avec l’aide de quelques collègues du réseau, c’est de s’assurer que d’autres médecins et professionnels de la santé soient conscientisés à l’importance de donner à Centraide, un rôle qu’il prend à coeur.

« On ne fait pas notre bonheur sur le malheur des autres est une phrase clé de ma mère qui me parlait de l’importance d’être généreux avec les gens dans le besoin. » Dans le cadre de la campagne 2020, il tiendra une rencontre de sensibilisation avec ses pairs. Il compte bien mettre en lumière une étude canadienne qui fait état de la philanthropie.

« Cette étude mentionne que nous devrions consacrer entre 1,5% et 2,7% de notre revenu. Celle-ci m’a aidé à me situer et maintenant je me maintiens dans ce pourcentage. Il faut donner à Centraide, un don solidaire dont la redistribution va à l’ensemble des organismes, pas seulement aux causes plus touchantes.  Je le fais depuis quelques années et je continuerai à le faire chaque année. »

Les effets de la COVID

Les effets dévastateurs de la COVID-19 sur les personnes qui ont des problèmes de santé mentale et sur la population en général inquiètent le Dr Villeneuve. « On constate une augmentation de l’anxiété, de l’irritabilité et des tensions familiales en ce moment. À l’Institut de santé mentale, nos listes d’attente augmentent. C’est terrible la période que l’on vit pour la santé mentale des gens. »

Il est bien conscient que si plus de gens éprouvent des problèmes d’anxiété ou de santé mentale, les organismes communautaires sont davantage sollicités. Mais eux aussi sont touchés par la pandémie, le manque de personnel, l’anxiété des travailleurs et la recherche de financement.

« Il y a beaucoup de gens qui ont perdu leur emploi, ces personnes seront plus fragiles. En même temps, les donateurs risquent d’être moins au rendez-vous pour financer les organismes communautaires dont les besoins augmentent. »

Donateur à vie

Il l’admet d’emblée, il a l’intention de faire partie encore longtemps des donateurs majeurs de l’organisation philanthropique. « Je vais donner à Centraide jusqu’à la fin de ma vie, ça fait partie de mon ADN  maintenant. »

Son désir le plus cher dans cet engagement est d’amener ses collègues médecins, dentistes et pharmaciens à poursuivre ou à s’inscrire comme lui dans cet engagement social. « Je souhaite la pérennisation des dons de mes collègues. Je veux qu’ils soient plus nombreux à donner à Centraide et qu’ils donnent pour longtemps.»